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mercredi 23 novembre 2016


Il arrive toujours un moment où l’on se dit qu’il est trop tard. Qu’on a laissé passer sa chance . Qu'elle était là, palpable, comme ce poignard qui nargue Macbeth en plein banquet , et qu’il nous aurait fallu juste la saisir pour lacérer cette hantise de l’ échec tapie dans nos viscères .
   Mais on ne l’a pas fait. Par manque de courage . Par peur de se découvrir plus fort qu’on ne le pensait aussi . A cause de cet enfant timoré et fier qui fait le siège de notre inconscient et qui nous fait des crocs-en-jambe quand on ose le défier.
   On croit lui faire un pied de nez en tendant la main à celui ou celle que l’on prend pour notre sauveur. On se dit que ça y est , il va nous laisser tranquille , cet enfant maudit. Pour bien lui montrer qu’on lui fait la nique, on décide d’en avoir même un , d’enfant . Qu’il s’avise de nous martyriser maintenant!
   Mais il persiste . Il est coriace. Il se nourrit de notre rage et détruit nos frêles constructions , nous qui rêvions de bâtir des chateaux en Espagne. Entre temps notre sauveur s’est enfui. Il est lui aussi retombé en enfance . Il faut que jeunesse se passe…
   Que nous reste-t-il alors?  Une lueur .  Mais elle suffit à nous guider au coeur de la tempête . C’est  alors qu’on réalise qu’elle a toujours été en nous , que nous l’avions seulement perdue de vue à force de fixer la splendeur d’un soleil trompeur . Elle grandit et devient flamme , embrase notre esprit et , coup de théâtre , réduit en cendres les palissades qui emprisonnaient notre âme.
   Nous voilà sans entrave . Enfin libres  de nous mesurer au monde qui nous terrifiait tant. L’enfant terrible a péri sous les coups du poignard que l’on a finalement saisi et que l’on jette au loin , accessoire de théâtre devenu superflu.
   Mais la pièce n’est pas encore finie ! iI nous reste à jouer notre dernier acte , pour renaître de nos cendres et se prouver que l’on a bien grandi. Voilà donc où elle se trouvait  , la chance ! On pensait l’avoir laissé passer alors qu’elle attendait simplement son heure , à un tournant de notre vie , plus ou moins tard ,  mais toujours assez tôt pour qu’on la saisisse avant le tomber du rideau.

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